Pogo Avec Les Loups
Mc & Beatmaker
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– couplet 1 –
C’est vraiment pas compliqué de comprendre pourquoi
Le peuple déteste la police et se sent oppressé
Suffit de voir comment l’État gère le maintient de l’ordre
Pour s’en faire juste une petite idée

De tout temps la police a tué et tuera encore
Avec des armes et des méthodes de plus en plus hardcore
Elle est volontaire et d’une rigueur mortelle
Elle n’est vraiment pas là pour faire dans la dentelle

Elle a ce droit de tuer en toute impunité
Sans même se soucier de c’qui pourrait lui arriver
Il suffit de r’garder le verdict des procès
On est vraiment pas tous sur l’même pied d’égalité

À chaque gouvernement
Une gifle dans nos dents
Une bastos en pleine tête
C’est la mort droit devant

À chaque gouvernement
Des lois votées au dépens
De nos vies, nos envies
C’est l’oppression constant

Petit rappel de notre sombre et douloureuse histoire
Une vision beaucoup plus proche d’une patrie sans gloire
Loin des jours de fêtes, au porte du désespoir
Cet autre côté du miroir si obscure et si noir

Sous Louis XIV la police moderne est inventée
pour faire la guerre aux pauvres et nettoyer toute la cité
Au fil des siècles, l’État renforce son bras armé,
1913, les premiers lacrymo sont envoyés

L’autr’ grand’ modification concernant la police
Ce fait le 14 août 41 sous Vichy,
Pétain créant la police nationale, force rattachée
Au Ministère de l’intérieur, aux services des pourris

A l’été 42 la belle police est en action,
C’est la rafle du Vel’ d’Hiv’ où elle charge sans somation
Plus de 13000 personnes, des femmes, des hommes et des enfants,
Sont envoyés en direction des maudits camps.

– refrain –
LA POLICE C’ÉTAIT PAS MIEUX AVANT
QUOIQU’ON EN DISE

LA POLICE ÇA S’RA PAS MIEUX PLUS TARD
QU’ON SE LE DISE

– couplet 2 –
20 ans après tous les agents de la police
sont sous les ordres du préfet Papon, le chef de cette milice
Dans la nuit de tous les dangers, celle du 17 octobre 61
La Police tue et noie des centaines d’algériens

Retour sur les faits où le carnage fait rage en Algérie,
Dans une guerre tachée de massacres sanglants,
D’une France vorace saignant à blanc sa colonie.
Sans humanité elle tue des plus jeunes aux plus grands.

À ces tueries, le FLN s’veng’ra sur tous les flics
Mettant à mal le moral des agents d’la fière patrie
Un couvre-feu est alors mis en place par le préfet
Au relent de racisme à peine voilé.

A la demande du Front de Libération National,
Les Algériens vont alors prendre les rues d’la capitale.
Tous et toutes répondent présent à cet appel
Plus d’20.000 à crier « Vive l’Algérie algérienne ».

L’État et le préfet ne vont pas les laisser faire
Ils y envoient les forces armés pour tous les faire taire
Aux cris de liberté les flics y répondent par des coups,
Comme de vulgaires proies à la merci de chasseurs fous

L’État préfère massacrer des centaines de civils
Il a choisi son camp plutôt que de se rendre utile
Il aime mieux écouter la violence de sa police
Plutôt que toutes les revendications de la manif’

En une nuit, Paris sombre dans le chaos
Partout le sang coule à flot dans tous les caniveaux.
Et que font alors tous ces salopards d’en haut ? Rien
Ils ferment seulement les yeux en leur tournant le dos

Plus de 11.000 personnes arrêtés par les brigades
Plus de 200 morts par coups, par balles ou par noyades,
Le réveil est dur, il est sale, il est rouge
Et la démocratie se meurt lorsque personnes ne bougent

– refrain –
LA POLICE C’ÉTAIT PAS MIEUX AVANT
QUOIQU’ON EN DISE

LA POLICE ÇA S’RA PAS MIEUX PLUS TARD
QU’ON SE LE DISE

– couplet 3 –
Ça fait bien longtemps que les techniques de notre pays
S’exportent ici et là, un peu partout dans ce vieux monde.
Avec la création des 1ères forces policières
En Colombie en 1891

Sans oublier l’partage dans les années 70
De leurs immondes pratiques sécuritaires.
De Pinochet au Chili . à Videla en Argentine,
La France soutiendra beaucoup de régimes militaires.

Il est où le temps des belles paroles de ceux qui fanfaronnent
Aux noms de « Liberté, Égalité, Fraternité » ?

Il est où le temps de l’innocence qu’on affectionne
Que plus personne connait puisque l’État l’a tué ?

Depuis des décennies on commémore sans cesse nos morts,
Encore et encore on passe notre temps dans les cimetières
D’un coté, la colère de nos frères et de nos sœurs
De l’autre, les pleures de nos pères et de nos mères

A chaque être perdus, nos yeux s’embrument
Nos gorges s’étouffent, nos cœurs palpitent
Nos poumons se noient, nos corps se meurent
Peu importe les victimes, nos âmes se dépitent

Et qu’en est-il dorénavant ? Est-ce qu’on nous laisse enfin en vie ?
Est-ce que ces violences et ces crimes sont bel et bien fini ?

Tu parles c’est invariablement la même rengaine,
Plus d’armes, plus de tirs, plus de drames et plus de haine.

Navré de te le dire : la police tue !
Plus rien n’est sûr, ici en ville, à la campagne et dans nos rues
C’est moi ou bien j’ai l’impression qu’t’es surpris de tout ça ?
Décidément je me demande vraiment où tu vis toi ?

J’ai toute une liste de prénoms parti beaucoup trop tôt
Tuer d’une bastos en pleine tête ou bien dans l’dos,
Sans oublier les mutilés, les asphyxiés ou les noyés.
J’en ai des tonnes dans mes écrits, dans mes cahiers :

Makomé M’Bowolé, 17 ans, tué dans un commissariat, d’une balle en pleine tête par un inspecteur jouant avec son arme de service, le 6 avril 1993,

Malik Oussékine, 22 ans, qui meurt le 6 décembre 1986, roué de coups par des membres du Peleton Voltigeur Motocycliste,

Et puis il y a Olivio Gomes, 28 ans, tué de trois coups de feu à bout pourtant par la BAC, le 17 octobre 2020, et Ibrahima Bah surnommé «Ibo », 22 ans, qui meurt à moto lors d’une intervention de police, le 6 octobre 2019,

J’ai aussi une profonde pensée pour Zineb Redouane, 80 ans, qui décèdera des suites d’un tir d’une grenade lacrymogène, tiré depuis le bas de son immeuble lors d’une manifestation des gilets jaunes, Marseille, le 2 décembre 2018,

Ou encore Rémi Fraisse, 21 ans, mort suite à l’explosion d’une grenade offensive lancée par un gendarme, sur la ZAD de Sivens, le 26 octobre 2014,

Zyed Benna et Bouna Traoré, 17 et 15 ans, électrocutés alors qu’il étaient poursuivis par la police, et puis Muhittin Altun, 17 ans, leur pote, grièvement brûlé, tout ça c’était le 27 octobre 2005,

Belkacem Belhabib, 23 ans, tué à moto lors d’une course-poursuite avec la police, juin 1995,

Sans oublier :
Steve Maia Caniço, 24 ans
Maria, 19 ans
Aboubacar Fofana, 22 ans
Jaouad Slimani, 18 ans
Gaye Camara, 26 ans
Liu Shaoyao, 56 ans
Adama Traoré, 24 ans
Amadou Koumé, 33 ans
Wissam El-Yamni, 30 ans
Serge Partouche, 48 ans
Ali Ziri, 69 ans
Luwan Beyene, 19 ans
Lamine Dieng, 25 ans
Mourad Belmokhtar, 17 ans
Gérard Nouvet, 18 ans
Fatima Bedar, 15 ans

Avant la métropole, il y a eu Mé 67
Une sanglante répression de la police à Pointe-à-Pitre,
Qui a tout fait pour stopper les grévistes et les chômeurs
Et au final il y aura près de 90 morts.

Je finirai cette liste non-exhaustive par celui
Avec qui j’ai grandi et fait les 400 coups, mon frère, mon poto
Tué d’une balle par derrière le 27 janvier 94
Il s’appelait Ibrahim Sy… on pense toujours à toi, frérot

– refrain –
LA POLICE C’ÉTAIT PAS MIEUX AVANT
QUOIQU’ON EN DISE

LA POLICE SERA TOUJOURS L’ENNEMI DU PEUPLE
QU’ON SE LE DISE

– couplet 4 –
Je pourrais aussi prendre l’exemple de tellement de pays
Où la répression est présente comme les Etats-Unis :
Je pense à George Floyd, Michael Brown ou Rodney King,
On est bien loin du rêve ricain lorsque tu perds la vie

Le Brésil compte aussi ses morts comme Genivaldo Santos
Qui meurt asphyxié dans le coffre d’une voiture de flics.
Ou encore les plus de 6000 morts en 2021
Dans de sales opérations policières c’est dramatique

Et puis en Italie, en juillet 2001,
Lors d’une manif au contre-sommet du G8 à Gênes
Encore un mort de plus, Carlo Giuliani,
Tué par un carabinier, et oui partout ça saigne

Il n’y a plus aucun endroit dans c’monde où vivre tranquille
En Espagne, en Grèce, en Chine ou en Russie
Partout et en tout temps les états tirent sur les civils
La devise de leur monde c’est « ferme-là ou perd la vie »

Dis moi on en fait quoi de ce triste constat ?
C’est pas un texte ou une manif’ qui changera quoi qu’ce soit
Mais si on ne fait rien alors pourquoi
Tous ces morts, tous ces cris, tous ces pleures, ici bas ?

Et peu importe l’impact de mes paroles
Il est temps de détruire ce système de guignols
Un système qui protège les bourgeois, les ministres,
Les flics, les banquiers, putain de système sinistre !

Mais rien, n’y personne, ne pourra calmer la rue,
Surtout pas les larbins d’l’État, ces chiens de la police
Rien n’y personne ne calmera toutes ces révoltent
Sauf le jour d’l’abolition de cette milice

Pas plus, pas moins c’est tout ce qu’on demande
On veut juste vivre et ne plus subir leurs tortures
On veut un monde sans armes et sans polices
Ne plus r’garder partir nos proches et lécher nos blessures

Concernant la police or de question d’les laisser faire
Même un genou à terre gardons le poing levé
Concernant les familles or de question de les faire taire
Leurs cris d’révolte et d’injustice nous pousse à nous lever

Continuons ensemble le combat pour nos victimes
Unis et déter malgré l’adversité
Ne lâchons pas l’affaire malgré la répression
Et toujours ce slogan : Pas d’Justice, pas d’Paix !